Je sens la fin approché et pourtant je m'y précipite. Pourquoi ai-je tant voulu venir ici ce soir, si ce n'est pour le voir ? Un jour, je ne me relèverais plus, je le sais, ça fait trop longtemps que je fais semblant, que j'essaye autant que je peux de me cacher derrière des sourires bien trop faux. Ça fait trop longtemps que mon coeur nage, un jour je le sais, il va lâcher, il est fatigué de toujours nager sans trouver nul part où se reposer, un jour il arrêtera de s'acharner pour rester hors de l'eau, il se noiera, & moi avec . Je craque, putain. Là maintenant, je ne sais pas comment j'arrive encore à marcher ou même à parler. J'sais pas comment, mon corps peut encore se déhancher quand mon coeur me fait si mal. Je suffoque, je viens de ré-entré dans la boite, la chaleur, putain j'étouffe, de lui & de tout. J'ai mal, mais j'en redemande, je vais savourer cette peine, jusqu'à sa dernière goutte, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus rien en tirer. A quoi bon souffrir à moitié ? Bousilles moi, brûles moi & enterres moi. Rien ne pourra être pire que toi là, devant moi, avec elle. Danses connard, encore. Que je puisse t'admirer dans ses bras. T'entends ? Continu puisque ça ne me fait rien. Prends ses hanches & colles les contre ton bassin, fais les bouger lentement puis plus rapidement, voilà comme ça. Oui, prends sa main et fais la passer sur ton ventre, continus de lui lancer ce regard aguicheur. Je ne ressens rien tu sais.
« J'ai lutté pour me convaincre que tu étais bien parti.
Mais bien que quelque part tu sois toujours avec moi.
Je suis seule depuis le début. »
Fourres le nez dans sa poitrine encore une fois, je te l'ai déjà dis, ça ne me fait rien. Vas y prend son visage entre tes mains, regarde là avec cette façon si particulière qu'est la tienne et embrasse la à pleine bouche, parcoures son corps de tes mains d'experts et fais la fondre, continue, continue, ça ne me fait rien tu sais. Mon coeur, il est juste un peu plus fatiguer que d'habitude, mais tu ne le fera pas coulé aujourd'hui, pas encore. Parfois il est complément recouvert d'eau tu sais, et pourtant il trouve la force de remonter à surface. Mais je crois que la vague qui arrive à l'horizon là, celle ci, celle qui est entrain de faire trembler mon corps, mon coeur n'en a jamais vu d'aussi grosse. Je dois partir d'ici, avant que cette vague n'arrive jusqu'à mon coeur, elle se rapproche, de plus en plus vite. Celle ci, sera l'une des plus dure à surmonter je crois, elle va ensevelir mon coeur là d'ici quelques secondes, avec une telle violence que mon corps lui même ne se contrôlera plus. Je dois partir, elle arrive. Je me précipite vers la sortie, presque en courant. Il ne doit pas voir cette vague, il ne doit pas voir le vague qui s'apprête transpercer mon coeur et le réduire en miette. Tout simplement parce que cette putain de vague, elle a son visage.
Elle est là, mon coeur s'imprègne peu a peu de son eau. Il sombre. Je sens mon ventre s'oppresser, son liquide se propager dans mon corps, dans mes narine, puis au bord de mes yeux. Je me vide peu à peu de son eau. Peut être, que si je recrache tout, mon coeur aura le temps de survivre. A chaque vague c'est la même chose, pourquoi cette fois-ci, mes larmes n'apaiseraient pas mon coeur ?
Lèves la tête, sèches tes larmes & avance.
Puisqu'il est là, Tu vas faire semblant. T'as l'habitude.
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